
On me demande souvent ce qui m’a poussée à monter sur les tatamis à l’âge de 45 ans. Passionnée par le Japon et sa culture, l’Aïkido s’est imposé comme une évidence. Pourtant, je ne suis ni la plus rapide, ni la plus douée, ni la plus souple de mon club ! Et c’est justement là que réside toute la beauté de cet art martial.
Aujourd’hui, avec ma double casquette de sophrologue et de pratiquante d’aïkido, j’aimerais vous partager pourquoi ces deux disciplines dialoguent ensemble de façon si harmonieuse, et ce que l’une peut apporter à l’autre.
L’Aïkido : Un art de la paix et de l’inclusion
Créé par Morihei Ueshiba (souvent appelé O-Sensei), l’Aïkido se distingue profondément des autres arts martiaux : il n’y a aucune compétition.
Le terme même d’Aïkido peut se traduire par « la voie de l’harmonie de l’énergie vitale.
Le but profond ? Ce n’est pas d’attaquer, ni même de vaincre, mais de faire cesser une agression.
On ne s’oppose pas à la force de l’autre : on accueille son élan, son énergie, pour la réorienter et neutraliser l’intention violente.
C’est une philosophie de paix qui résonne particulièrement au sein de mon club à La Bresse/Cornimont.
C’est un espace incroyablement inclusif : peu importe notre âge, notre condition physique, nos blessures ou notre handicap, tout le monde pratique ensemble. Les techniques s’adaptent à chacun grâce à la bienveillance et au savoir-être de l’enseignant.
Les ponts naturels entre Aïkido et Sophrologie
En tant que sophrologue, j’ai très vite décelé les liens intimes qui unissent ma pratique professionnelle et mon expérience sur le tatami. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard : Alfonso Caycedo, le fondateur de la sophrologie, s’est lui-même inspiré lors de ses voyages en Orient du bouddhisme Zen, du yoga et des arts martiaux pour créer sa méthode.
1. Le centrage et le Hara
En Aïkido comme en sophrologie, tout part du centre. En sophrologie, nous apprenons à ramener la présence à soi dans le corps. En Aïkido, ce centre physique et énergétique (situé sous le nombril, le Hara) est le point d’ancrage indispensable. Sans lui, impossible de trouver l’équilibre.
2. La conscience corporelle (La schématisation du corps)
Pour exécuter une technique d’Aïkido de manière fluide sans utiliser la force brute, il faut une conscience d’une précision chirurgicale :
- Où se trouvent mes hanches ?
- Comment sont orientés mes pieds ?
- Où est mon axe ?
Avoir conscience de toutes les parties de son corps simultanément est un défi immense.
Même pour moi, sophrologue !
Sur le tatami, je réalise parfois que mon bassin est mal placé ou que mes épaules sont tendues.
L’Aïkido est un merveilleux terrain d’application pour développer cette intégration du schéma corporel que nous travaillons en séance.
3. La respiration au cœur du mouvement
La respiration est la clé de voûte de l’énergie.
Elle permet d’apaiser le mental, d’abaisser le rythme cardiaque face à une attaque et de libérer la puissance du mouvement au bon moment. C’est exactement le travail de respiration contrôlée utilisé en sophrologie pour réguler le système nerveux.
Pourquoi la Sophrologie est un atout majeur pour les pratiquants d’arts martiaux
Que vous pratiquiez l’Aïkido, le Judo, le Karaté ou le Taekwondo, la sophrologie offre des outils complémentaires précieux pour progresser :
- Développer l’état de « Mushin » (L’esprit vide / Présence à soi) : Faire le vide des pensées parasites pour être totalement dans l’instant présent (l’ici et maintenant).
- Affiner la proprioception : Mieux ressentir son corps pour ajuster ses postures avec subtilité et économiser son énergie.
- La visualisation mentale (L’imagerie) : Repasser mentalement un mouvement ou un kata active les mêmes zones cérébrales que la pratique physique. C’est un levier puissant d’apprentissage et de mémorisation.
- Gérer le stress et le rythme cardiaque : Rester calme et lucide, que ce soit lors d’un passage de grade, d’un stage ou simplement face au partenaire.
En conclusion
L’Aïkido et la Sophrologie partagent une même quête : l’harmonie entre le corps et l’esprit.
Commencer l’Aïkido à 45 ans m’a rappelé qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre à écouter son corps, apprivoiser ses mouvements et cultiver la paix intérieure.
Sur le tatami comme dans la vie, il ne s’agit pas d’être parfait ou le plus fort, mais d’être pleinement présent à ce que l’on fait.
Si vous êtes autour de la Bresse et Cornimont et que l’aïkido vous tente : Dojo de la montagne, section Aïkido-MLC de La Bresse : ( Entrainements adultes et enfants se déroulent au gymnase de Cornimont) mail : 88aikidojodelamontagne@gmail.com