
Si vous vous intéressez à la sophrologie, vous êtes peut-être déjà tombé sur des gros titres inquiétants : « La sophrologie est-elle une dérive sectaire ? » ou encore « La sophrologie est une fake med (fausse médecine) ». A titre personnel je me fais souvent interpeller sur les réseaux sociaux et accuser de tout cela.
En tant que sophrologue caycédienne certifiée, je vois quotidiennement les bienfaits de cette méthode sur la gestion du stress, le sommeil, le vieillissement mais aussi pour la préparation mentale aux événements de la vie, examens, compétitions sportives, pour le développement personnel, la confiance en soi, la résilience, l’alignement…
Et pourtant, je comprends d’où viennent ces inquiétudes. Face à la multiplication des méthodes de bien-être, il est sain de poser des questions et d’exiger de la clarté.
Aujourd’hui, j’ai envie d’aborder ces deux accusations de front, sans langue de bois.
1. « Secte » et rapport MIVILUDES : que dit vraiment la loi ?
C’est sans doute le raccourci le plus fréquent et le plus blessant. On entend parfois : « C’est cité dans le rapport de la MIVILUDES, donc c’est une secte. »
Qu’en est-il réellement ?
La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a un rôle essentiel : protéger le public contre les abus de faiblesse et les manipulations psychologiques.
Mais la MIVILUDES le rappelle régulièrement : elle ne classe pas la sophrologie comme une secte. Ce qu’elle surveille, ce sont les dérives individuelles de certains praticiens.
Le secteur du bien-être n’étant pas encadré par un diplôme d’État obligatoire, n’importe qui peut malheureusement s’improviser « sophrologue » après un stage de deux jours sur internet. Ce sont ces dérives individuelles — l’isolement du consultant, les tarifs abusifs, l’emprise mentale — que pointe la MIVILUDES, et non la méthode sophrologique en elle-même.
En Sophrologie Caycédienne, le code de déontologie est pourtant sans équivoque : l’objectif fondamental de la méthode est d’amener la personne vers son autonomie, exactement à l’opposé de toute forme d’emprise ou de dépendance.
2. « Fake Med » : pourquoi la sophrologie n’a JAMAIS prétendu être une médecine
L’autre critique récurrente sur les réseaux sociaux concerne l’étiquette de « fake med » (pseudo-médecine).
Pour qu’il y ait une « fausse » médecine, il faudrait d’abord qu’il y ait la prétention d’en être une. Or, la sophrologie Caycédienne est très claire sur son identité : elle n’est pas une médecine, elle n’a jamais prétendu l’être, et elle ne remplacera JAMAIS la médecine.
- Pas de diagnostic : Un sophrologue ne pose aucun diagnostic médical ni psychiatrique.
- Pas de prescription : Un sophrologue ne prescrit aucun médicament, remède ou produit.
- Pas d’arrêt de traitement : Jamais un sophrologue rigoureux ne vous demandera d’interrompre un traitement médical ou un suivi oncologique, psychologique ou chirurgical.
Alors, qu’est-ce que c’est ?
La sophrologie est une discipline psycho-corporelle de développement personnel et d’accompagnement. Elle s’appuie sur des exercices de respiration, de relâchement musculaire et d’évocations positives.
Elle intervient en complémentarité — et non en substitution — pour aider à :
- Mieux vivre un traitement médical lourd (gestion des douleurs, de l’anxiété).
- Retrouver un sommeil de qualité.
- Apprendre à réguler son stress au quotidien.
- Préparer un examen, un accouchement ou une épreuve sportive.
Parler de « fake med » au sujet de la sophrologie revient à accuser le yoga, la course à pied ou le chant choral d’être de « fausses médecines ». La sophrologie est un entraînement du corps et de l’esprit, pas une pilule magique.
3. Comment reconnaître un(e) sophrologue de confiance ?
Parce que votre sécurité et votre santé sont prioritaires, voici quelques repères simples pour choisir votre praticien(ne) en toute sérénité :
| 🟢 C’est OK | 🔴 Fuyez |
| Le praticien: respecte votre suivi et vos traitements médicaux sans s’y immiscer. | Le praticien: vous demande d’arrêter vos médicaments ou de douter de votre médecin. |
| Vous fixe des objectifs clairs et vous fournit tout le matériel nécessaire pour que vous puissiez prendre en main votre entrainement de façon autonome | Ne vous donne aucun outil pour vous rendre autonome et crée une dépendance pour vous garder comme client « à vie » |
| Applique une grille tarifaire transparente et expliquée. | Vous isole de vos proches ou tient un discours de type « complotiste ». |
| Est formé(e) au sein d’une école reconnue avec un cadre déontologique strict. | Prétend pouvoir « guérir » des maladies somatiques graves. |
En conclusion
Créée dans les années 1960 par le Dr Alfonso Caycedo, neuro-psychiatre, la sophrologie a toujours eu pour vocation d’offrir à chacun des clés concrètes pour renforcer son équilibre au quotidien.
Ne laissons pas le manque de régulation du marché ou les dérives de quelques individus ternir un outil formidable de connaissance de soi et de gestion du stress. En tant que praticienne, mon engagement reste le même : vous accompagner avec éthique, bienveillance et dans le respect le plus strict de votre liberté.