Quand la Sophrologie rencontre l’Aïkido : Deux voies pour un même chemin.

Depuis quelques années, je chemine sur deux voies qui, à première vue, peuvent sembler bien différentes : l’Aïkido et la Sophrologie Caycédienne.

La première est une pratique martiale japonaise, ancrée dans le corps, le mouvement, l’énergie et la relation à l’autre.

La seconde est une pratique de pleine conscience, d’écoute intérieure, d’harmonisation du mental, des émotions et du corps.

Au fur et à mesure de ma pratique de ces deux disciplines, j’ai commencé à percevoir des résonances profondes. Comme si l’une éclairait l’autre, comme si ensemble, elles formaient un tout.

L’unité corps-esprit : une expérience vivante

L’un des premiers points communs que j’ai ressentis, c’est cette recherche de l’unité entre le corps et l’esprit.

En sophrologie, nous parlons souvent de « schéma corporel vécu », de présence à soi, de conscience corporelle.

En Aïkido, chaque geste, chaque déplacement demande d’être pleinement présent, ici et maintenant, dans le corps. Si la conscience du corps s’échappe, le mouvement devient difficile, voir inefficace.

En pratiquant l’un et l’autre, j’ai réalisé que cette présence à soi, si précieuse en sophrologie, trouvait une incarnation très concrète sur le tatami. Et inversement, les prises de conscience vécues en sophrologie me permettaient d’affiner ma posture, de mieux ressentir mes appuis et ma respiration pendant les cours d’Aïkido.

La respiration, pont entre les deux mondes

La respiration est au cœur des deux pratiques.

En sophrologie, elle est un point d’ancrage, un régulateur, un révélateur de notre état intérieur.

En Aïkido, elle accompagne le mouvement, elle soutient la fluidité, elle permet d’unifier le geste et l’intention.

J’ai découvert que lorsque je pratiquais des techniques martiales avec une respiration consciente – comme je l’avais appris en sophrologie – tout devenait plus fluide, plus juste.

Je ne « faisais » plus le mouvement, je le vivais de l’intérieur.

Le non-jugement et la bienveillance : des piliers partagés

L’Aïkido, contrairement à beaucoup d’autres arts martiaux, n’est pas une pratique de compétition.

Il ne s’agit pas de gagner ou de dominer, mais de s’harmoniser avec l’autre afin de construire un mouvement ensemble, de canaliser/utiliser sa propre énergie et celle de son partenaire sans agressivité tout en respectant les capacités et limites corporelles de chacun.

Cela m’a profondément touchée dès mes débuts d’autant plus que j’ai commencé sur le tard et que j’ai atteint assez rapidement mes limites physiques.

J’ ai retrouvé cette même bienveillance, ce même respect de soi et de l’autre que j’enseigne et vis en sophrologie. Chacun pratique selon ses possibilités du moment.

Dans les deux disciplines, il n’y a pas d’échec, seulement des expériences, des ajustements, une progression personnelle.

Ces deux pratiques m’aident à développer une plus grande tolérance envers moi-même, une meilleure écoute de mes besoins et de mes limites.

La gestion du stress et des émotions dans l’action

Ce que j’ai aussi expérimenté, c’est à quel point l’Aïkido m’aidait à mettre en pratique, dans le mouvement, les ressources que je cultive en sophrologie. Notamment dans la gestion du stress, dans les moments où le corps est sollicité, où l’on doit rester centré malgré un adversaire en face.

Grâce à la sophrologie, j’ai appris à sentir mon corps et observer mes réactions émotionnelles.

Sur le tatami, j’ai pu éprouver tout cela concrètement : comment rester calme et concentré dans l’action, comment garder ma verticalité quand l’autre me pousse, m’attaque, me déséquilibre.

Une voie d’harmonisation, une voie de paix

Au fond, Aïkido et Sophrologie sont deux chemins qui poursuivent un même but : l’harmonisation. Avec soi-même, avec l’autre, avec le monde.

L’un passe par le corps en mouvement, l’autre par l’intériorité consciente. Mais les deux se répondent, s’enrichissent mutuellement.

Aujourd’hui, je ne pourrais plus pratiquer l’un sans l’autre. L’Aïkido m’apprend à incarner la sophrologie. La sophrologie m’aide à ressentir plus finement l’Aïkido. Et dans cette alliance, je trouve une source d’équilibre, d’énergie et de paix intérieure que j’ai à cœur de transmettre.

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